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Ocean Sole : Nettoyer des plages, créer des chefs-d’œuvres

Ocean Sole : Nettoyer des plages, créer des chefs-d’œuvres

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Nairobi, Kenya – « En Afrique, on n’a pas forcément de l’argent mais on a de la créativité ». Tel pourrait être le slogan de la société de recyclage Ocean Sole. Cette société basée au Kenya nettoie les plages du Kenya de toute la pollution marine dont l’Homme est responsable. En plus de ce geste écologique, elle a eu la bonne idée de récupérer les déchets pour créer des jouets décoratifs colorés et entièrement réalisés à la main.

« Des milliers et des milliers d’objets en plastique dérivent et échouent sur les rivages de la planète, créant un désastre écologique pour l’écosystème marin« , explique la fondatrice. « Non seulement ces déchets gâchent la beauté naturelle de nos plages et des océans, mais en plus ces déchets plastiques sont parfois avalés par les animaux, qui s’étouffent puis, meurent lentement et péniblement – une fin tragique qui pourrait être évitée ».

C’est un objectif écologique important et louable en soi, mais Julie a imaginé quelque chose d’unique – faire parler ces objets, raconter une histoire. « La nôtre est une histoire de logique et de magie: la logique du recyclage de nos déchets en utilisant la magie de l’imagination, la créativité et, finalement, beaucoup de passion! »

La magie se produit à travers l’artisanat, puisque des artisans talentueux issus des communautés locales gagnent un revenu en transformant les déchets collectés en merveilleuses artistiques. « Nous croyons en la promotion de solutions de dévellopement durables pour les Kenyans. » De vieilles tongs et des objets usagés deviennent des girafes, des éléphants ou des phacochères.

La société emploie près de 45 travailleurs qui conçoivent une centaine de produits différents à partir du recyclage des déchets: objets déco, porte-clefs, jouets, accessoires de mode, etc. En 2008, la société a livré une girafe de plus de 5 mètres à Rome pour la Fashion Week. Julie Church a fondé l’entreprise dans le but de créer des objets que les gens voudraient acheter et qui leur permettraient aussi de s’intéresser à l’histoire étonnante de ces jouets.

Comment procède t-on?

Tout d’abord, les employés lavent les sandales. Ils collent ensemble les différents couleurs, taillent le produit, sablent et lavent à nouveau. Chacun est ensuite découpé, travaillé, coloré…

La petite histoire

Julie a eu l’idée de Ocean Sole alors qu’elle travaillait avec le Service kenyan conservation de la faune et de la marine dans le nord du Kenya près de la frontière avec la Somalie en 1997. « J’ai été horrifié de voir la tonne de débris marins qui s’étaient choués sur le rivage. » remarquant que les enfants kenyans faisaient des bateaux et de jouets avec les sandales qu’ils retrouvaient sur les plages, elle s’inspire de l’idée et encourage les femmes locales (leurs mères) à récupérer les sandales et autres déchets abandonnés pour en faire des jouets simples, fun, et colorés.

Au début, Julie a financé l’entreprise elle-même, en utilisant un héritage de sa mère, puis est parvenue à obtenir des investissements supplémentaires. Dès la création de la société, la célèbre ONG  WWF lui commande 15 000 portes-clés et c’est comme ça que son projet écologique décolle.. Julie décrit sa vie d’entrepreneur en un mot : « montagnes russes! » Ocean Sole a démarré en 1997 comme un projet social et environnemental, et est devenu une entreprise en 2005, lorsque l’atelier a déménagé à Nairobi. Il était logique de se rapprocher de son marché et de ses fournisseurs.

Toutefois,  Julie Church n’est pas devenu riche. L’entreprise lui rapporte seulement 150 000 dollars par an. L’année dernière, elle a même subi une petite perte. Récemment, de nouveau fond d’investissement sont rentrés au capital et la société va bientôt changer de nom pour : the FlipFlop Recycling Company.

L’avenir

La société prévoit de vendre 70 % de ses produits hors du Kenya. Ocean Sole a des distributeurs aux Etats-Unis, en Europe et de nouvelles demandes affluent en provenance du Japon. Ses plus gros acheteurs sont les zoos et les aquariums. Dan Wambui, un des employés de  Julie Church a confié qu’il aimait interagir avec les visiteurs qui viennent à l’atelier : « Ils viennent de loin…Quand ils voient ce que nous faisons,  ils apprécient vraiment. Nous sommes très heureux d’êtres reconnus internationalement. »

Quand on lui demande s’il y a une personne qu’elle admire et qui l’inspire, elle réponds sans hésiter « Jacques Cousteau, en raison de sa passion pour l’océan, ses connaissances et parce qu’il a pris des risques ».

Quant aux plans à long terme, d’ici 5 ans Julie espère que son entreprise va augmenter sa cadence de production avec un bénéfice de 10%, employer plus de 140 personnes et recycler plus de 100 tonnes de déchets. Son but demeure de « sensibiliser et créer un changement dans la façon dont les gens traitent les déchets et la nature … Nous avons encore beaucoup à réaliser. »

La citation préférée de Julie est « accrochez-vous à ce que vous aimez et de vivez ce que vous désirez ». Nous aimons aussi le slogan de son entreprise: « Nettoyer des plages, créer des chefs-d’œuvre ».

Leur page facebook : https://www.facebook.com/OceanSole

NesPourBriller

NesPourBriller.net est une initiative dont la mission première est de montrer à la jeunesse des modèles afin d’édifier une nouvelle génération d’Africains unis qui œuvrent pour sortir ce continent de sa léthargie. Cette initiative est née d’un constat: la jeunesse Africaine a le potentiel requis pour pousser notre continent vers le développement.

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