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Solutions alternatives d’approvisionnement en énergie pour la Côte d’Ivoire

Solutions alternatives d’approvisionnement en énergie pour la Côte d’Ivoire

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Aujourd’hui, plus de 1,5 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité. Ainsi, la pauvreté énergétique devient un problème à considérer comme une priorité car l’accès à l’énergie est un aspect fondamental du développement économique.

A l’instar de certains pays, la Côte d’Ivoire doit faire face à cette situation. Ce pays a pourtant, une production pétrolière qui est passée de 28000 barils en 1986 à plus de 50000 barils par jour actuellement ; une production de gaz qui est estimée à plus de 1,3 milliard de m3 par an ; des barrages hydroélectriques et des centrales électriques qui assurent sa production en électricité.

Tous ces facteurs font paraître la Côte d’Ivoire comme un Etat énergétiquement indépendant. Elle vend de l’électricité au Burkina Faso, au Mali et au Bénin alors que près de la moitié de sa population connaît des difficultés en matière d’électrification. Cette situation est due au fait que dans ce pays, la priorité est donnée aux zones urbaines au détriment des zones rurales.

Ce paradoxe soulève certaines interrogations. La Côte d’Ivoire est-elle vraiment autosuffisante sur le plan énergétique ? Le problème du faible taux d’accès aux sources d’énergies modernes résulte t-il essentiellement de l’inadéquation entre les politiques appliquées en amont et en aval ? La recherche d’autres alternatives d’approvisionnement de la population ivoirienne n’est-elle pas opportune ?

Situation énergétique de la Côte d’Ivoire

L’architecture du secteur de production électrique a connu une mutation ces dernières années. Essentiellement hydraulique à l’origine, l’électricité produite par la Côte d’Ivoire est par la suite devenue également thermique. Elle est en majeure partie assurée par les barrages hydroélectriques d’Ayamé 1, Ayamé 2, Kossou, Taabo, Buyo et Fayé. Alors que le potentiel hydro-électrique total de la Côte d’Ivoire est évalué à 12400 Gwh, l’équipement actuellement disponible ne permet de disposer que de 2550 gwh (20,56%). En 2005, avec 3,9 millions de tonnes, le sous-secteur de l’hydrocarbure traduit son dynamisme par la hausse générale, la plus importante du secteur industriel. La production de pétrole atteint le niveau de 80000 barils par jour à fin mars 2006 permettant ainsi de couvrir largement la consommation journalière estimée à 25000 barils. Au total en 2008 avec 50000 barils par jour en moyenne, la Côte d’Ivoire ne peut être considérée comme un producteur stratégique de pétrole en Afrique comparativement à la Guinée Equatoriale (300.000 barils par jour), à l’Angola (1,5 millions de barils par jour).

En février 2010, suite à une mauvaise appréciation des ressources énergétiques, la CIE, procède à des délestages au niveau du territoire ivoirien. On constate que cette crise énergétique gangrène l’économie nationale en provoquant l’arrêt des machines, principal outil de travail industriel, obligeant les entreprises à mettre en place des programmes de chômage structurels et à investir davantage dans l’achat de groupes électrogènes.

Au niveau régional, cette crise retarde le projet de l’UEMOA d’interconnexion électrique Ouest-Africain dont le fournisseur essentiel devait être la Côte d’Ivoire grâce à ses capacités de production. Ainsi, le secteur ivoirien de l’électricité a commencé à importer de l’énergie du Ghana pour environ 25 MW et ceci, en application du contrat d’échanges d’énergie qui existe entre les deux pays.

Au regard de ce qui précède, nous pouvons affirmer que la Côte d’Ivoire est dotée d’un potentiel énergétique qui est considérable mais ce potentiel ne lui est pas profitable dans la mesure où sa population reste en grande partie privée de ressources énergétiques.

En effet, l’accès aux sources d’énergies modernes connaît des obstacles qui se situent à deux niveaux. D’abord dans la politique nationale de gestion des ressources énergétiques. Cette politique est menée en marginalisant la question de l’adéquation entre les réalités que vivent les populations et les sources d’énergie disponibles. Ensuite, des investissements ne sont pas faits au niveau des ressources humaines sinon l’on n’aurait pas recours à des experts étrangers, pour parer aux éventualités qui surviennent le plus souvent dans les centres de production énergétique. Cette situation peut laisser croire, que le domaine énergétique ne fait pas partie des priorités des autorités ivoiriennes qui interviennent dans ce secteur.

Pour remédier à l’inaccessibilité des ménages à l’électricité ne faudrait-il pas continuer de développer l’énergie hydroélectrique et aussi thermique ? Est-il vraiment nécessaire de recourir aux énergies renouvelables ? Le problème n’est-il pas essentiellement lié à la politique d’électrification en Côte d’Ivoire ?

Les alternatives

Les alternatives aux sources d’énergie utilisées aujourd’hui sont nombreuses et multiformes. Les énergies renouvelables sont présentées comme la solution au problème d’électrification.

  • Les alternatives non renouvelables

Le charbon est le combustible le plus utilisé pour la production mondiale d’électricité. L’évaluation des réserves actuelles de charbon, dans le cas où celui-ci devrait suppléer le pétrole et le gaz dans la production d’électricité, devrait être ajustée par la croissance que subira sa demande le moment venu et qui précipitera également son pic de production. Le monde regorge encore de réserves pouvant être évaluées à 170 ans au niveau de la consommation actuelle. Mais si la consommation augmente de 2,5% par année, la durée de vie se réduit à 67 ans. Le choix du charbon pour la production d’électricité n’est donc pas durable. Par ailleurs, en Afrique, plus de 90% des réserves de charbon sont détenus par l’Afrique du sud.

Adopter le charbon comme ressource alternative dans la production d’électricité, peut demander une restructuration totale ou en partie de l’architecture du secteur de production électrique. Une telle restructuration peut nécessiter des investissements que les pays de la CEDEAO n’ont pas. Toutes ces exigences font que le choix du charbon comme ressource alternative n’est logiquement pas durable.

Le nucléaire, quant à lui, est une énergie qui aide au développement de l’économie parce qu’il permet au pays qui la développe de produire plus d’énergie qu’il en consomme. Une centrale nucléaire produit plus d’énergie qu’une centrale thermique classique. Les ressources de la planète étant de plus en plus rares, le nucléaire permet de faire des économies d’énergie. Aussi, les centrales nucléaires en service coûtent globalement moins chères que les centrales à combustibles classiques, surtout dans les pays pauvres en ressources naturelles.

Cependant, l’installation d’une centrale nucléaire nécessite des précautions énormes et coûte chère. Beaucoup d’accidents sont déjà survenus dans des centrales, par exemple en Pennsylvanie et en URSS (Tchernobyl). Les déchets radioactifs ne sont traités qu’en partie et le reste des déchets est simplement enfouis dans le sol. Le choix du nucléaire n’est donc pas durable en raison des effets que son exploitation et son utilisation ont sur l’environnement.

  • Les alternatives renouvelables

Les sources d’énergie renouvelable sont hétéroclites et de nature différente. Nous avons l’énergie solaire, l’énergie hydraulique, l’énergie éolienne, l’énergie géothermique, l’énergie marémotrice. Cette liste, qui n’est pas exhaustive, illustre la diversité des sources d’énergie renouvelable et montre par la même occasion que chaque pays pourra faire son choix selon certains facteurs.

Les sources d’énergie renouvelable se distinguent des autres sources d’énergie, d’abord par leur caractère propre. Ils ne sont nullement responsables d’émission de gaz à effet de serre durant leur exploitation. Leur adoption permet donc de stabiliser le changement climatique. Ensuite, l’autre avantage des énergies renouvelables repose sur la « non périssabilité » de cette ressource. Les sources d’énergie renouvelable sont intarissables. L’énergie solaire dépend du soleil, l’énergie éolienne du vent, l’énergie marémotrice du mouvement de la mer. La Côte d’Ivoire présente une bonne prédisposition pour toutes ces énergies. Par conséquent, commencer aujourd’hui à changer de paradigme énergétique, c’est prendre de l’avance et faciliter ainsi la reconversion structurelle et institutionnelle du secteur énergétique.

Néanmoins, certains facteurs influencent négativement la vulgarisation de certaines formes d’énergie en Côte d’Ivoire comme l’énergie solaire. C’est que les installations des panneaux solaires sont coûteuses. En effet, faire installer sur son toit des panneaux solaires implique un investissement financier encore important, ce qui peut dissuader les ménages les plus modestes. Une installation coûte en moyenne autour de 15000 euros soit environ 10.000.000 de francs CFA pour les panneaux photovoltaïques.

En conclusion, nous pouvons dire que la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel énorme, en énergie. Ce potentiel attend d’être exploité de façon exponentielle pour assurer aux populations la satisfaction de leurs besoins en énergie, plus précisément en électricité.

Ainsi, le choix des énergies non renouvelables est un choix qui sera assurément profitable si toutes les conditions pour une meilleure gestion des ressources disponibles sont réunies.

Dans le cas contraire, il serait plus judicieux de se tourner vers les énergies renouvelables. Pour ce faire en Côte d’Ivoire, il faudra mettre en place une politique nationale qui permettra aux ivoiriens d’avoir accès aisément et à un prix raisonnable aux énergies renouvelables. Cette politique doit être analysée et conçue de façon interdisciplinaire pour que les sciences sociales, notamment, apportent leur contribution car le destinataire du développement est avant tout l’Homme.

Drusil N’CHO

NesPourBriller

NesPourBriller.net est une initiative dont la mission première est de montrer à la jeunesse des modèles afin d’édifier une nouvelle génération d’Africains unis qui œuvrent pour sortir ce continent de sa léthargie. Cette initiative est née d’un constat: la jeunesse Africaine a le potentiel requis pour pousser notre continent vers le développement.

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