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Wilma Rudolph, la gazelle noire

Wilma Rudolph, la gazelle noire

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Athlète noire Américaine née le 23 juin 1940 à Clarksville dans le Tennessee, Wilma Goldean Rudolph fut triple médaillée d’or des Jeux olympiques d’été de 1960 à Rome, sur 100, 200 mètres et relais 4 x 100 mètres. Ses performances ont montré aux sceptiques l’intérêt du sport féminin et ont incité beaucoup de jeunes Afro-Américaines à pratiquer ce sport. Ayant également été en possession des records du monde de ces trois disciplines, elle est encore considérée comme « la plus grande influence pour toutes les athlètes noires Américaines ».

Vingtième d’une famille de vingt-deux enfants, Wilma Glodean Rudolph est née prématurée dans le ghetto noir de Bethlehem à Clarksville. Issue d’une famille modeste, elle connaît une enfance marquée par les maladies : double pneumonie, scarlatine, et surtout par une poliomyélite qui devait la priver de l’usage normal de sa jambe gauche. Vivant dans une ville du Sud à une époque de ségrégation, elle ne peut être soignée dans l’hôpital de la ville réservé aux Blancs. Munie d’une prothèse métallique à la jambe gauche pour pouvoir se déplacer, elle est ainsi conduite par sa mère deux fois par semaine à l’hôpital de Nashville pour y recevoir un traitement à base d’eau et de chaleur. Elle est également l’objet de soins complémentaires : sa famille lui fait les quatre massages quotidiens nécessaires à son traitement.

Grâce aux soins que lui prodige sa famille, elle parvient à l’âge de 11 ans à retirer ses chaussures orthopédiques et à marcher normalement. Elle se lance alors dans la pratique sportive pour endurcir sa jambe et combler ses années de frustration à regarder ses frères et sœurs. Elle rejoint l’équipe locale de basket et se retrouve sélectionnée dans l’équipe de son collège. Avec 805 points en 25 matchs, elle est vite repérée et réorientée vers la course à pied. Elle est invitée par l’entraîneur des « Tigerbelles » de l’université d’état du Tenessee, Edward Temple, à participer à un camp d’été.

Etant encore en « high school » à « Burt High School », elle parvient, à l’âge de 16 ans, à intégrer l’équipe du 4 x 100 mètres des Jeux de Melbourne et décroche sa première médaille, de bronze, avec le relais.

En 1958, elle rejoint enfin les « Tigerbelles » de l’université d’état du Tenessee. Cette université possède l’un des plus beaux palmarès du sport universitaire américain en athlétisme. Edward Temple est un entraineur qui s’investit beaucoup dans son travail. Il n’hésite pas à conduire ses athlètes sur les lieux de compétition, à s’occuper du tracé des pistes, et est également exigeant envers ses athlètes : chaque minute de retard à l’entraînement se paye par un tour de piste en plus.

Lors des championnats universitaires à Corpus Christi (Texas), le 9 juillet 1960, elle bat le record du monde du 200 mètres et devient la première femme à descendre sous les 23 secondes avec un temps de 22 secondes 9.

Aux Jeux olympiques de 1960, à Rome, elle domine comme jamais les épreuves de sprint. Lors des demi-finales du 100 mètres, elle bat le record olympique et égale le record du monde avec un temps de 11 secondes 3. En finale, son chrono de 11 secondes n’est pas homologué à cause du vent favorable (2,47 m/s), mais elle remporte facilement l’or olympique avec 3 mètres d’avance sur ses concurrentes. Aux même Jeux, elle décroche également l’or sur 200 mètres (24 s) et l’or sur 4 X 100 mètres (44 s 5). Ce dernier relais est composé de quatre filles des Tigerbelles : Martha Hudson, Lucinda Williams, Barbara Jones et Wilma Rudolph. Après avoir établi un record du monde en demi-finale (44 s 4), les Américaines sont proches de perdre la course après un mauvais passage de relais entre la troisième relayeuse, Barbara Jones, et Rudolph. Celle-ci, malgré une cheville bandée, comble un retard de 2 mètres puis dépasse l’Allemande Jutta Heine. Pour sa gracieuse façon de courir, elle fut surnommée la « Gazelle Noire ».

En dehors des pistes, elle remporte également une victoire: pour commémorer ses trois titres olympiques, elle oblige le gouverneur du Tennessee Beford Ellington, ségrégationniste modéré, et la ville de Clarksville à organiser un événement ouvert à tous, quelles que soient leurs origines.

Sur la lancée des Jeux, elle bat, le 19 juillet 1961 à Stuttgart, le record du monde du 100 mètres en 11 secondes 2.

Au sommet de son art, elle met un terme à sa carrière sportive en 1962, après une rencontre États-Unis-URSS où elle remporte deux courses pour se consacrer à l’éducation de ses enfants. Elle devient alors institutrice.

Victime d’un grave accident de voiture en 1967, elle s’installe à Chicago où elle est responsable du programme d’éducation sportive pour les jeunes filles noires.

Selon elle, son plus grand succès fut la création de sa fondation, la fondation Wilma Rudolph. Sa mission est d’aider à mettre en place des programmes d’entraînement pour le sport amateur et de venir en aide aux enfants du ghetto, à leur apprendre ce qu’est l’athlétisme avec l’aide de grands athlètes.

« Je leur dis que l’aspect le plus important est d’être soi-même et d’avoir confiance en soi. Je leur rappelle que le triomphe n’arrive pas sans bataille. »

Atteinte d’un cancer du cerveau, elle décède le 12 Novembre 1994 à l’âge de 54 ans. Son calme extraordinaire et sa grâce resteront dans la mémoire de ceux qui l’ont connue.

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